UFC-Que Choisir Grenoble

Fruits et légumes bio Les sur-marges de la grande distribution Publié le : 29/08/2017

Fruits et légumes bio

Les sur-marges de la grande distribution

Publié le : 29/08/2017 

Alors que la grande distribution est aujourd’hui le plus gros acteur sur le marché en pleine croissance du bio, l’UFC-Que Choisir rend publique une étude qui montre que les promesses des grandes enseignes (offre large et prix bas) ne sont pas tenues. Notre analyse économique et de terrain portant sur les fruits et légumes, révèle non seulement l’indigence de l’offre, mais également l’existence d’une politique de marges très élevées sur les produits bio. Par conséquent, l’Association demande aux Pouvoirs Publics que la transparence soit faite sur les prix et les marges nettes réalisées par produit et par enseigne, afin de contribuer, par la concurrence, à une meilleure accessibilité du bio.

Un panier de fruits et légumes bio 79 % plus cher que son équivalent en produits conventionnels
Le prix élevé des fruits et légumes bio constitue un frein pour les consommateurs, rédhibitoire pour les plus modestes. En effet, notre étude identifie que le prix d’une consommation annuelle en fruits et en légumes exclusivement bio pour un ménage français revient en moyenne à 660 €, contre 368 € pour les équivalents en conventionnel, soit 79 % plus cher. Si les coûts de production sont plus élevés en bio qu’en agriculture conventionnelle (rendements plus faibles, main-d’œuvre relativement plus importante, coûts des contrôles et de la certification…), ceci n’explique qu’à peine la moitié du surcoût payé par les consommateurs.

Des tarifs prohibitifs s’expliquant par les marges exorbitantes de la grande distribution
46 % du surcoût du bio provient en réalité des ‘sur-marges’ réalisées sur le bio par les grandes surfaces : en moyenne les marges brutes sur les fruits et légumes sont deux fois plus élevées (+ 96 %) en bio qu’en conventionnel. Cet écart de marge est encore plus spectaculaire pour les deux produits frais les plus consommés du rayon : + 145 % pour la tomate et + 163 % pour la pomme ! Au global, la stratégie de marge de la grande distribution – à la justification économique obscure – aboutit à renchérir de 135 € le panier bio annuel d’un ménage. Autrement dit, seulement la moitié du surcoût du bio payé par le consommateur va à la production, le reste étant capté par la distribution en sur-marges.

Marge brute de la grande distribution
29 août 2017

Sécheresse : Pour une vraie réforme de la politique agricole de l’eau !

Pour une vraie réforme de la politique agricole de l’eau !

Publié le 8 août 2017 par Corentin COPPENS

Alors que le Ministre de la Transition Écologique doit annoncer demain en Conseil des Ministres un plan de « sortie de crise » – la France connaissant un stress hydrique des sols sans précédent avec 80 départements ayant pris des mesures de restrictions – l’UFC-Que Choisir exhorte le gouvernement à faire preuve de courage et d’ambition pour une véritable réforme structurelle de la politique agricole de l’eau.

Face aux errements passés et la gravité de la situation, l’UFC-Que Choisir ne tolérera plus le recours aux mesures palliatives ineptes comme la politique des bassines ou la recherche de nouveaux captages, ou incantatoires avec des engagements de la profession jamais suivis d’effet. Alors que les consommateurs ont été déjà trop largement mis à contribution, l’association demande que l’on s’attaque à la vraie responsable : l’agriculture intensive !

En effet, au-delà du changement climatique, force est de constater la responsabilité de l’agriculture intensive dans le triste état quantitatif et qualitatif de la ressource aquatique, et l’archaïsme des politiques publiques (soutien à l’agriculture intensive, campagnes de dépollution de l’eau plutôt que de prévention, principe du pollué-payeur, etc.) pour remédier à la situation. La multiplication et l’aggravation des périodes de sécheresse exigent clairement aujourd’hui un changement d’orientation et de braquet dans l’action des pouvoirs publics pour la préservation de la ressource.

Alors que la carte de la sécheresse se confond, une nouvelle fois, grandement avec celle de l’irrigation intensive, l’UFC-Que Choisir réclame au gouvernement de s’engager sur trois chantiers fondamentaux pour préserver la ressource aquatique.

Des mesures ambitieuses de prévention de la ressource :

Si près de 96 % des consommateurs peuvent boire leur eau en toute confiance, c’est une bonne qualité trompe l’œil, obtenue au prix de coûteuses campagnes de dépollution de l’eau. Les pollutions agricoles font peser une menace bien réelle sur les ressources en eaux brutes. Ainsi les pollutions en pesticides et en nitrates constituent les premières causes de fermetures de captages en France. L’utilisation de pesticides a par ailleurs augmenté de 22 % entre 2009 et 2014, ce qui explique que ces molécules soient désormais retrouvées dans 92 % des cours d’eau1 ! Les budgets colossaux des agences de l’eau, pourtant chargées de la protection de la ressource, ne sont que très minoritairement utilisés pour des mesures de prévention, de lutte contre ces pollutions étant essentiellement axés sur les politiques de dépollution. Cette gabegie environnementale est rendue possible par une gabegie économique : celle de l’inadmissible principe du pollué-payeur !

L’application stricte du principe préleveur – pollueur-payeur ! 

Aux antipodes du principe pollueur-payeur, les redevances de l’eau sont payés à près de 90 % par les consommateurs alors que les agriculteurs sont les principaux utilisateurs (pas moins de 80 % de consommation nette l’été) et pollueurs de la ressource. Maintes fois dénoncée par l’UFC-Que Choisir mais également la Cour des Comptes, cette criante aberration n’a pourtant, jusqu’à présent, jamais été corrigée. Au-delà du désastre écologique, l’impact financier pour le consommateur est loin d’être anodin : les pollutions agricoles génèrent en effet sur la facture d’eau des dépenses supplémentaires annuelles au minimum comprises entre 640 et 1 140 millions d’euros, soit de 7 % à 12 % de la facture d’eau.

Des aides à la reconversion des pratiques agricoles : 

L’UFC-Que Choisir affirme avec force que ce ne sont pas les agriculteurs qui sont coupables de cette situation, mais les politiques publiques qui les ont contraints à aller vers le productivisme et l’agriculture intensive. Une réorientation des aides agricoles, nationales et européennes, doit donc intervenir au plus vite pour des pratiques plus respectueuses de la ressource, de la santé des populations et de leur environnement.

Télécharger le communiqué de presse

1 Exprimé en NODU : NOmbre de Doses Unités.
8 août 2017

Que faire en cas de litige ?

Un litige vous oppose personnellement à un professionnel suite à la fourniture d’un bien ou d’un service de sa part ? Que vous ayez ou non déjà tenté une démarche pour obtenir réparation, nous pouvons vous aider. Tous les consommateurs peuvent trouver auprès de l’association locale UFC-Que choisir la plus proche de chez eux une information générale sur son litige. Nos adhérents peuvent en outre bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans le but d’obtenir une résolution amiable de ce différend. Découvrez nos solutions pour vos litiges.

 

Les associations locales accueillent des centaines de milliers de consommateurs et traitent, pour leurs adhérents, plus de 80 000 litiges de consommation chaque année. Ces litiges concernent tous les secteurs de la consommation, même s’il s’agit le plus souvent des domaines des assurances, des banques, de la téléphonie ou de l’automobile. Si, pour le consommateur, son problème est unique, pour l’UFC-Que Choisir, les litiges sont une source permanente d’informations. Leur analyse permet de mettre en évidence les secteurs d’activité, les produits ou les services à améliorer, et de lier étroitement traitement individuel et collectif, par l’action en justice, mais aussi dans le cadre des représentations ou en tant que groupe de pression.

Merci de décrire succinctement le problème de consommation qui vous oppose à un professionnel suite à la fourniture d’un bien ou d’un service et d’identifier le professionnel concerné.

 

3 août 2017