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Trottinettes et monoroues – 50 % des engins dangereux !

Aucun produit n’est conforme. Et la moitié sont carrément dangereux. Voilà le constat inquiétant de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), qui a mené des contrôles sur 14 trottinettes électriques et monoroues et sur 2 hoverboards vendus en France. La Répression des fraudes souligne en outre la méconnaissance des vendeurs d’engins de déplacement personnels motorisés (EDPM) vis-à-vis de la réglementation.

La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) vient de révéler les résultats d’une enquête menée en 2019 sur les trottinettes, les hoverboards et les monoroues électriques. Et ils ne sont pas très rassurants. Sur 16 machines analysées, pas une seule ne s’est avérée conforme à la réglementation.

Qu’ils en soient les importateurs ou les vendeurs, les professionnels ont d’abord l’obligation d’apposer plusieurs informations sur les appareils, comme l’adresse du fabricant, la puissance du moteur ou la tension assignée. De nombreux modèles en font l’impasse. Ils sont aussi tenus de présenter une déclaration de conformité avec la norme CE ; mais les contrôles de la DGCCRF ont révélé des documents erronés, en langue anglaise ou carrément absents. Les notices d’instructions se sont aussi très souvent avérées incomplètes, omettant de mentionner que l’appareil doit être utilisé uniquement avec le chargeur fourni ou bien d’expliquer les pictogrammes présentés. « Malgré une très légère amélioration par rapport aux enquêtes précédentes, les professionnels de la chaîne de commercialisation des EDPM ne maîtrisent pas encore suffisamment la réglementation applicable », déplore le gendarme de la consommation.

Pratiques commerciales trompeuses

Mais il y a pire. La DGCCRF a en effet constaté des pratiques commerciales trompeuses. Certains emballages faisaient par exemple référence à un faux label censé garantir le respect de « toutes les normes de sécurité », d’autres prétendaient que l’engin convenait à des enfants alors qu’il faut être âgé de 12 ans minimum pour conduire un EDPM (article R. 412-43-3 du Code de la route).

Danger pour l’utilisateur

Encore pire, la moitié des engins contrôlés présentent un danger pour l’utilisateur. « Les dangerosités sont liées au risque de choc électrique (tension de décharge, lignes de fuite) et aux risques mécaniques (dysfonctionnement ou mauvaise conception des commandes entraînant des risques de blessure pour l’utilisateur et son entourage). Les deux hoverboards prélevés présentaient des points de dangerosité particuliers puisqu’ils n’ont pas réussi respectivement le test de surcharge de la batterie et le test de résistance à l’humidité, et qu’ils présentaient en conséquence un risque accru de départ de feu », détaille la Répression des fraudes.

Ces constats ont entraîné des sanctions (avertissements, injonctions de remise en conformité, procès-verbaux), et la majorité des professionnels pris à défaut ont rectifié le tir, promet la DGCCRF (qui, comme à son habitude, tait leur identité). Ils n’en demeurent pas moins inquiétants. Notre test de 13 trottinettes électriques, qui comprend entre autres critères une analyse de la documentation fournie et une épreuve d’étanchéité (gage de sécurité électrique), est là pour vous guider !