Face à l’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie des adolescents, les autorités françaises ont franchi une étape politique majeure en 2026 : un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans est en cours d’adoption au Parlement, après un vote décisif à l’Assemblée nationale et un examen au Sénat. Quels sont les enjeux de cette mesure, ses limites, et surtout, comment accompagner les jeunes dans une consommation numérique plus saine ? UFC-Que Choisir Grenoble fait le point.
Une mesure phare : interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans
En janvier 2026, l’Assemblée nationale française a adopté en première lecture une proposition de loi qui interdit aux mineurs de moins de 15 ans d’accéder à un service de réseau social en ligne, texte désormais transmis au Sénat pour examen avant une adoption définitive potentielle cette année.
L’objectif affiché : protéger les adolescents des risques liés à une exposition précoce et prolongée aux réseaux sociaux (cyberharcèlement, contenus inappropriés, perturbations du sommeil, comparaisons sociales, etc.).
La mesure vise à entrer en vigueur dès la rentrée scolaire 2026 pour tous les nouveaux comptes, avec une vérification d’âge obligatoire pour tous les utilisateurs existants d’ici fin 2026 ou début 2027.
Santé mentale des jeunes : quels risques avérés ?
Les réseaux sociaux exercent une influence importante sur les perceptions, comportements et émotions des jeunes :
- Comparaison sociale permanente : voir constamment les autres “parfaits” en ligne peut abaisser l’estime de soi.
- Cyberharcèlement et contenus violents : une exposition non filtrée augmente l’anxiété et le sentiment d’insécurité.
- Hyper‑connexion et troubles du sommeil : l’usage nocturne des écrans perturbe les rythmes biologiques.
Ces effets cumulés sont au cœur de la justification politique de l’interdiction envisagée, même si des voix alertent que simplement interdire l’accès ne suffit pas à résoudre tous les problèmes de santé mentale.
Limites et enjeux pratiques de la réglementation
Cette mesure, bien que symbolique et ambitieuse, pose plusieurs défis :
- Applicabilité technique : l’assurance que seules les personnes âgées de 15 ans et plus accèdent à ces plateformes repose sur des dispositifs de vérification d’âge qui ne sont pas encore opérationnels à grande échelle.
- Acceptabilité et respect des libertés individuelles : certains experts et associations craignent une atteinte à la vie privée ou une responsabilité accrue sur les parents.
- Éducation plutôt que censure : une mesure purement restrictive risque de pousser les jeunes vers des plateformes non contrôlées ou des moyens détournés d’accès.
Les plateformes elles‑mêmes devront s’adapter, non seulement pour bloquer l’accès aux mineurs, mais aussi pour adapter leurs algorithmes afin de réduire les contenus nocifs ou addictifs.
Conseils pratiques pour les familles et les jeunes
Que cette mesure soit adoptée ou non dans sa forme finale, il reste essentiel d’agir au quotidien pour préserver la santé mentale des jeunes :
1. Favoriser une consommation encadrée
- Fixer des règles claires sur les horaires et durées d’utilisation.
- Encourager des moments sans écrans, notamment avant le coucher.
2. Dialoguer ouvertement
- Parler des contenus vus en ligne, des ressentis associés, et des défis rencontrés.
- Sensibiliser aux mécanismes de comparaison et aux pressions sociales.
3. Utiliser les outils intégrés
- Activer les paramètres de confidentialité et les contrôles parentaux.
- Utiliser des fonctions limitant la durée quotidienne d’accès.
4. Proposer des alternatives enrichissantes
- Encourager les activités hors ligne (sport, arts, lecture), vecteurs de bien‑être et d’estime personnelle.
Conclusion : vers une approche équilibrée L’examen par le Sénat d’une interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans est une étape importante du débat public sur l’impact du numérique sur les jeunes. Toutefois, aucune loi ne remplacera une éducation numérique proactive au sein des familles et des établissements scolaires.




